Carcinome basocellulaire

Les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents en France et leur nombre a triplé ces 30 dernières années. Selon santé publique France, il y a chaque année entre 141 000 et 243 500 nouveaux cas de cancers cutanés.

Qu’est-ce qu’un carcinome basocellulaire ?

Un carcinome basocellulaire (ou épithélioma basocellulaire) est une tumeur cutanée épithéliale maligne se développant à partir des kératinocytes basaloïdes, cellules se situant au niveau de la couche basale de l’épiderme.

Il existe 2 types de cancers cutanés : les carcinomes cutanés (basocellulaires et épidermoïdes) et les mélanomes.

Les carcinomes basocellulaires représentent 70 % de tous les cancers de la peau, et 80 % des carcinomes cutanés.

Ils concernent aussi bien les femmes que les hommes et l’incidence maximale se situe entre 45 et 60 ans et augmente avec l’âge.

 

Quels sont les facteurs de risque des carcinomes basocellulaires ?

L’exposition au soleil (expositions intenses et répétées notamment dans l’enfance ou l’adolescence) est à l’origine de la majorité des carcinomes basocellulaires chez les sujets à peau claire.

Les carcinomes basocellulaires se développent aussi dans certaines maladies génétiques (xeroderma pigmentosum, naevomatose basocellulaire, syndrome de Gorlin) et chez les patients immunodéprimés.

D’autres facteurs environnementaux sont aussi retrouvés : expositions aux radiations ionisantes, exposition à certaines substances chimiques (arsenic, hydrocarbures).

 

Comment reconnaître un carcinome basocellulaire ?

Les CBC surviennent sur peau saine. Ils ne se développent pas à partir d’une lésion pré cancéreuse. Ils ne se forment jamais au niveau des muqueuses.

On distingue 3 formes cliniques principales :

 

Les carcinomes basocellulaires nodulaires (60 % des cas)

Ils ont l’aspect de papules ou de nodules brillants bien limités, fermes, translucides, télangiectasiques (petits vaisseaux en surface) lui conférant un aspect typique de perle s’étalant très progressivement. Des ulcérations, des saignements et des croûtes récidivantes sont fréquents.

Ils se développent préférentiellement au niveau du visage et des zones exposées au soleil.

 

Les carcinomes basocellulaires superficiels (30 % des cas)

Ils ont l’aspect d’une plaque rouge plane bien limitée s’étendant de manière très progressive. Des squames ou des croûtes sont fréquentes. Ils peuvent ressembler cliniquement à du psoriasis.

Ils se développent préférentiellement au niveau des zones couvertes. Ils peuvent être multiples d’emblée.

 

Les carcinomes basocellulaires sclérodermiformes (5 à 10 %)

Ils ont l’aspect d’une plaque dure mal limitée et déprimée d’allure cicatricielle, de couleur chair ou rouge clair.

Ces 3 types cliniques de CBC peuvent se pigmenter.

 

Comment confirmer le diagnostic de carcinome basocellulaire ?

Le diagnostic est souvent fait par le dermatologue lors de l’examen clinique, mais seule la biopsie exérèse ou une biopsie partielle permet une analyse histologique et la confirmation du diagnostic de carcinome basocellulaire par le médecin anatomopathologiste.

 

Est-ce que le carcinome basocellulaire est grave ?

Le carcinome basocellulaire a un excellent pronostic car il est dans l’immense majorité des cas diagnostiqué et pris en charge précocement du fait de son évolution lente.

Il ne métastase jamais (qu’exceptionnellement pour être précis) et engage le pronostic vital des cas rarissimes de lésions très évoluées.

Sa malignité est LOCALE avec un potentiel évolutif de récidive et d’envahissement des tissus adjacents.

Des facteurs histologiques et cliniques permettent d’apprécier le pronostic d’un carcinome basocellulaire en évaluant son risque de récidive, d’envahissement local, et la difficulté d’un nouveau traitement en cas de récidive.

Les facteurs histologiques pronostics moins favorables d’un carcinome basocellulaire sont les sous-types histologiques agressifs sclérodermiformes et infiltrants.

Les facteurs cliniques pronostics d’un carcinome basocellulaire dépendent de sa taille, sa localisation, son aspect clinique mal limité et de son caractère récidivant ou primitif.

 

Quel est le traitement chirurgical des carcinomes basocellulaires ?

La chirurgie dermatologique est le traitement de 1ère intention des carcinomes basocellulaires, la plus efficace pour réduire le risque de récidive de ces lésions cutanées.

Elle est réalisée le plus fréquemment par les chirurgiens plasticiens.

L’exérèse chirurgicale consiste à retirer le carcinome basocellulaire avec des marges latérales de peau saine tout autour de celui-ci, et de retirer en profondeur toute la graisse sous cutanée en préservant les fascias, muscles ou cartilages sous-jacents. L’objectif de la chirurgie est carcinologique, c’est-à-dire obtenir une exérèse de la tumeur de bonne qualité.

Ces marges cliniques sont fonction des groupes pronostics :

  • Marges d’exérèse de 3 à 4 mm pour les CBC de bon pronostic.
  • Marges d’exérèse de 4 mm minimum pour les CBC de pronostic intermédiaire.
  • Marges d’exérèse de 5 mm à 1 cm pour les CBC de mauvais pronostic.

La pièce opératoire est orientée avec un fil de suture par le chirurgien puis adressée au laboratoire d’anatomopathologie pour s’assurer de l’exérèse complète du CBC.

 

La fermeture cutanée après l’exérèse

L’exérèse chirurgicale avec marges du CBC induit une perte de substance cutanée qui :

  • Soit est suturée directement lorsque la laxité locale autorise une fermeture cutanée sans tension excessive et sans déformation (la majorité des cas).
  • Soit est laissée ouverte lorsque la suture cutanée n’est pas possible, avec mise en place d’un protocole de soins avec une infirmière à domicile dans l’attente de la confirmation du caractère complet de l’exérèse par le laboratoire. Une fois cette certitude histologique obtenue, les options pour parvenir à la cicatrisation de cette perte de substance sont :
  • une poursuite des soins locaux par cicatrisation dirigée.
  • une greffe de peau mince ou une greffe de peau totale.
  • la réalisation d’un lambeau.

La prise en charge thérapeutique des carcinomes basocellulaires repose sur ces groupes pronostics.

 

Quel est le suivi après traitement ?

Il est recommandé aux patients un suivi clinique annuel à vie par leur dermatologue de ville, du fait du risque de récidive du CBC traité, mais aussi du fait de leur risque augmenté de développer de nouveaux carcinomes ou mélanomes.

 

Prévention des carcinomes basocellulaires

Le principal facteur de risque du CBC étant l’exposition aux ultraviolets, les mesures de prévention concernent la limitation de cette exposition :

  • L’éviction solaire : éviter les bains de soleil, limiter les activités extérieures entre 10h et 16h (rayons solaires les plus forts).
  • Éviter les cabines de bronzage.
  • Port de vêtements de protection : manches longues, pantalon, chapeaux…
  • Crème solaire indice 50 (protection large spectre UVA/UVB) en couche épaisse sur les zones exposées à renouveler toutes les 2 heures, ou après la baignade ou avoir transpiré.

Enfin, ne pas penser que l’application de crème solaire suffit à elle seule à vous protéger efficacement du soleil.

 

QUESTIONS FRÉQUENTES (FAQ)

Quelle différence entre biopsie exérèse et biopsie ?

Une biopsie exérèse consiste à retirer sous anesthésie locale la totalité de la lésion sans marge. Elle est souvent privilégiée pour les lésions de petite taille.

Une biopsie consiste en l’ablation partielle d’un fragment de la lésion cutanée, soit par incision classique soit par punch (avec un instrument pointu, creux et circulaire). Elle est plus adaptée pour les lésions de grande taille.

 

Des examens complémentaires sont-ils nécessaires en cas de carcinome basocellulaire suspecté ?

Les CBC ne nécessitent pas d’examens complémentaires dans la majorité des cas.

En cas de carcinome évolué cliniquement, une imagerie par résonance magnétique ou un scanner est prescrit afin de faire un bilan d’extension locale de la lésion.

 

Quelles sont les indications de biopsie d’un carcinome basocellulaire ?

La biopsie d’une lésion suspecte de carcinome basocellulaire est réalisée si :

  • Le diagnostic clinique est incertain.
  • Les formes cliniques de mauvais pronostic.
  • Le traitement choisi est non chirurgical ; une vérification histologique préalable est dans ce cas indispensable.
  • La chirurgie envisagée pour le traitement du CBC suspecté implique une reconstruction importante.

 

Quels sont les sous-types histologiques des carcinomes basocellulaires ?

Les sous-types histologiques des CBC sont : nodulaire, superficiel, infiltrant, sclérodermiforme, métatypique et mixte (moins fréquents pour les 2 derniers).

Les CBC nodulaires et superficiels sont de meilleur pronostic que les CBC infiltrants et sclérodermiformes.

 

Quelles sont les localisations à bas risque, risque intermédiaire et haut risque de récidive ?

Les CBC au niveau du tronc et les membres sont à faible risque de récidive.

Les CBC au niveau de la tête et du cou (hormis le nez et les zones péri-orificielles) sont à risque intermédiaire de récidive.

Les CBC au niveau du nez et des zones péri-orificielles du visage sont à haut risque de récidive.

 

Détail des 3 groupes pronostics des carcinomes basocellulaires

Les CBC de bon pronostic sont :

  • Les CBC superficiels primitifs.
  • Les CBC nodulaires primitifs bien limités < 1 cm au niveau du cuir chevelu, du front, des joues, du menton et du cou.
  • Les CBC nodulaires primitifs bien limités < 2 cm au niveau du tronc et des membres.

Les CBC de pronostic intermédiaire :

  • Les CBC superficiels récidivés.
  • Les CBC nodulaires < 1 cm au niveau du nez et des zones péri-orificielles du visage.
  • Les CBC nodulaires > 1 cm du cuir chevelu, du front, des joues, du menton et du cou.
  • Les CBC nodulaires > 2 cm au niveau du tronc et des membres.

Les CBC de mauvais pronostic :

  • L’aspect clinique mal limité.
  • Les CBC nodulaires > 1 cm au niveau du nez et des zones péri-orificielles du visage.
  • Les CBC infiltrants ou sclérodermiformes.
  • Les CBC récidivés (hors CBC superficiels).

 

Que se passe-t-il en cas d’exérèse chirurgicale incomplète d’un carcinome basocellulaire ?

Si le laboratoire d’anatomopathologie confirme le caractère incomplet de l’exérèse chirurgicale, il est recommandé de refaire une chirurgie immédiate en 1ère intention en reprenant une marge de sécurité, ce qui se traduit :

  • Soit par un allongement de la cicatrice de la 1ère exérèse chirurgicale s’il reste suffisamment de laxité pour fermer la peau, soit par une perte de substance laissée ouverte et pansée s’il n’est plus possible de suturer la peau.
  • Soit par un agrandissement de la perte de substance initiale en enlevant une collerette de peau supplémentaire.

L’autre traitement de 2ème intention possible en cas d’exérèse incomplète d’un CBC est la radiothérapie lorsque les patients ne sont plus opérables pour des raisons esthétiques ou fonctionnelles, ou lorsque ces derniers refusent une nouvelle chirurgie.

 

L’exérèse chirurgicale incomplète d’un carcinome basocellulaire est-elle fréquente ?

Non. L’exérèse complète des CBC est obtenue d’emblée dans la majorité des cas.

En revanche, le risque d’exérèse chirurgicale incomplète augmente lorsque les CBC ont des limites floues à l’examen clinique, et pour les sous-types histologiques infiltrants et sclérodermiformes.

 

Tarifs

Les tarifs indiqués ci-dessous sont des tarifs planchers, donnés à titre indicatif. Une consultation préalable permet d’établir un devis personnalisé adapté à chaque situation clinique.

Cancérologie cutanée Prise en charge chirurgicale à partir de 500 €.

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